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poèmes

  • Chut - Poème de Solange Jeanberné

    CHUT



    Chut !
    Ne dis pas « je t'aime »

    Les regards sont bien plus beaux parleurs
    Et puis les mains
    Et puis les lèvres
    Et puis les peaux

    Et les soleils couchants
    Les rires
    Les volées d'escalier
    Les persiennes que l'on baisse

    Chut !
    Ne dis pas « je t'aime »
    Et aime-moi tout bas...

     

    Solange Jeanberné, Apnée, Ed. La Compagnie Littéraire, 2006

     

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    Le baiser - Sculpture d'Auguste Rodin
    Marbre, commandé par l’État en 1888, taillé entre 1888 et 1898.
    Entré au musée du Luxembourg en 1901 ;
    attribué au musée Rodin en 1919.

  • En souvenir de Claire - Poème de Josette Tholomier

    EN SOUVENIR DE CLAIRE


    in memoriam Claire Bethmont,



    Sous le poids noir de son fardeau
    Mortellement, la barque tangue,
    Elle s'incline sur les eaux,
    Ses flancs sont devenus exsangues.
    Elle n'atteindra pas la rive
    Que tous espéraient découvrir.
    La mort, au bout de la dérive,
    Cueillera ceux qui vont périr.


    Chacun rêve au coin de soleil
    Où il vivait dans la misère
    Et oubliait dans le sommeil
    Qu'il n'avait plus ni pain ni terre.
    Les boubous colorés des femmes
    Et les cris joyeux des marchés
    Viennent illuminer son âme
    Au moment de se détacher
    D'un monde, pour lui, sans pitié.
    Ces images qui m'envahissent
    Évoquent pour moi l'amitié
    Et le franc sourire qui plisse
    Le front de Claire et ses yeux bleus,
    Une bonté qui rayonnait,
    Sa générosité pour deux,
    Et sa poésie qui planait
    Et enchantait nos assemblées.

     

    Josette Tholomier

     

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    Portrait de Claire Bethmont, par Josette Tholomier, 2017

  • Les couleurs de mes souvenirs - Poème de Madeleine Covas

    Les couleurs de mes souvenirs



    Samarcande la rose dans un jour sans nuages
    Effaçait Tamerlan et ses hordes sauvages
    Et Venise la verte au fond de ses ruelles
    Fêtait le carnaval dans un monde irréel

    Mais Alep était bleue et regardait le ciel
    Et Alep riait dans les couchants vermeils
    Sa fière citadelle dressée dans le soleil
    Et son musée ouvert distillant ses merveilles

    La blanche Santorin se faisait Atlantide
    Jalousant un instant les belles cariatides
    Et la vaste Pékin dans ses sombres nuées
    Laissait mal respirer son peuple agglutiné

    Mais Alep dansait dans ses souks parfumés
    Faisant vibrer la vie en ses nuits étoilées
    S'efforçant d'oublier les sombres bruits de bottes
    Et les appels au meurtre se disant patriotes

    San Francisco chantait dans ses rues bariolées
    Gardant de son passé ses maisons colorées
    Prague la noire sortait d'une infinie tristesse
    Pour oublier le temps de l'ancienne détresse

    Mais Alep pleurait dans ses rues massacrées
    Lorsque le sang coulait sur les pavés dorés
    Et ses enfants fuyaient allant vaille que vaille
    Délaissant madrassa et caravansérails

    Oslo, Le Caire, Lima, vous restez dans mon cœur
    Et vous me rappelez de multiples couleurs
    Mais Alep la rebelle continue de gémir
    Son cri désespéré parle à mes souvenirs

    Alep va mourir et personne ne bouge
    Alep n'est plus bleue elle est devenue rouge


    Madeleine Covas

     

    madeleine covas, Alep, SyrieUne place d'Alep, devant la citadelle, avant et après les bombardements.

     

  • Pause - Poème de Guillaume Riou

    PAUSE

     
    Elle plonge ses délicieuses
    dans la chaleur de mon cou offert
    et tout se fige.
     
    Je ne connais d’autre femme
    capable de mettre ainsi
    le monde entre parenthèses
    le temps d’un baiser.
     
     

     

    Baiser-dans-le-cou-sculpture
    BAISER DANS LE COU - Sculpture bronze de Etienne

     

  • "Abymes"... d'Annecy - Poème d'Hélène Soris

    "ABYMES"... D'ANNECY


     
    Rocaille de fleurs en clairière
    blottie près de son lac en source de fraîcheur
    et de lumière

    Ile sans océan
    chantournée de soie d'eau
    soutache à l'italienne

    Entrez dans la cluse entrouverte
    à l'abri du vent si souvent
    et de la pluie sous les arcades
    pierres anciennes
    Tables de mémoire éternelle

    Rousseau, François de Sales, tant d'autres
    des vieux quartiers ont foulé le pavé
    l'air en reste embaumé, votre cœur le saura.

    Elle vous surprendra soudain
    moderne en son quartier de verre
    ses transparences sur cinémas
    ses conforts de néons
    Accords du dernier millénaire
    Artifices nés  d'aujourd'hui

    Mais retrouver serein la charmante terrasse
    blottie derrière un pont fleuri de géraniums
    rivale en cascatelle avec le flot du Thiou
    vantant sa promenade.

    Vous installer,
    prendre un verre...

     

    Hélène Soris

     

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  • Les chevaux - Poème de Jean-Paul Cléret

    LES CHEVAUX

     

    Poitrails luisants
    Des désirs de la nuit
    Les chevaux par monts et par vaux
    Les chevaux bien plus haut
    Hennissent leurs mots
    Et libèrent l’enfance de sa parole.
    Les fils de la nuit et du mystère
    Galopent comme le sang dans les veines
    Ivres des entrailles de la terre
    Et des abysses de la mer.
    Le coursier soleil
    Accompagne les femmes
    Dans leurs songes d’égalité.
    Mère mémoire du monde
    Horloger céleste
    Il t’a donné le désir
    De devenir centaure.


    Jean-Paul Cléret
    , Veilleur d'absence, recueil publié en 2014

     

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