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POÈMES & TEXTES POÉTIQUES

  • Hommage à Joël Servigne - Poèmes de Denise Gal Sarni

    Dans le silence de la nuit,
    Un saxophone crie sa détresse
    Et pleure son ami qui n’est plus,
    Troublée  la nature s’en fait l’écho :
     
    Mélodie du vent
    Qui  fait vibrer les quatre temps
    Dans ses longs cheveux gris
    En cadence et en solo,
     
    Chant des étoiles
    Qui dansent enlacées
    Dans le noir azur de la galaxie
    Un pas de deux en concerto,
     
    Complainte du perce-neige
    Rêvant de soleil pourpre
    Dans le creux de cette saison
    Où fondent les notes crescendo,
     
    De concert en récital,
    Troubadour de la poésie
    Joël a écrit une belle partition
    Sur la gamme de nos vies.
     
    Le concert est terminé :
    Plus de jazz, plus de gospel,
    Plus de swing, plus de variété,
    Mais des bleus au cœur, du blues et du spleen
    Pour celui qui savait offrir et partager sans retour.
     
    Alors notre amitié, c’est pour l’éternité !

    Denise Gal Sarni

    joel-servigne.jpg
    Quand les rumeurs ont cessé de faire du bruit,
    Quand les douleurs se sont endormies,
    Il jazze  les couleurs de la nuit.
    Fort et fragile comme un cep de vigne :
    Joël SERVIGNE

    Denise Gal Sarni

     


    Les passantes de Georges Brassens - Joué par Joël Servigne (Saxo soprano) et Brigitte Langeac (Piano) au Printemps des Poètes.
    La Roche sur Foron - 31 Mars 2012

  • Atout cœur - Poème de Denise Gal Sarni

    ATOUT CŒUR



    À cœur gros,
    Si tu sais
    Te souvenir de ceux que tu as aimés
    Pour mieux t’épanouir
    Et toujours avancer,

    À cœur ouvert,
    Si tu sais
    Recevoir la vraie amitié
    Pour t’en nourrir
    Et la sublimer,

    À cœur d’or,
    Si tu sais
    Donner un peu de toi
    Pour aider sans retour
    Et offrir de la joie,

    À cœur de lion,
    Si tu sais
    Accueillir les coups
    Pour les apaiser
    Et les rendre tout doux,

    À cœur ailé,
    Si tu sais
    Observer l’oiseau
    Sans vouloir l’apprivoiser
    Et le laisser voler encore plus haut,

    Alors, peut-être

    De ta vie, de ta destinée
    Chaque instant, chaque seconde
    Deviendra éternité.


    Denise Gal Sarni
    À Loëx, décembre 2017

     

    atout-coeur.jpg

  • Chut - Poème de Solange Jeanberné

    CHUT



    Chut !
    Ne dis pas « je t'aime »

    Les regards sont bien plus beaux parleurs
    Et puis les mains
    Et puis les lèvres
    Et puis les peaux

    Et les soleils couchants
    Les rires
    Les volées d'escalier
    Les persiennes que l'on baisse

    Chut !
    Ne dis pas « je t'aime »
    Et aime-moi tout bas...

     

    Solange Jeanberné, Apnée, Ed. La Compagnie Littéraire, 2006

     

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    Le baiser - Sculpture d'Auguste Rodin
    Marbre, commandé par l’État en 1888, taillé entre 1888 et 1898.
    Entré au musée du Luxembourg en 1901 ;
    attribué au musée Rodin en 1919.

  • Café de Paris - Poème de Claire Bethmont


    La nuit
    Se gonfle de lumières
    Sur le quai
    Tu es la première

     


    CAFÉ DE PARIS



    Café de Paris :
    Bruits de verres remués
    Dans une eau
    Cristal exténué.

    Ô ville-coléoptère,
    Tes mains
    En ailes de roses-traversières
    Caressent
    Des parfums-lumières

    Et le Phénix
    Aux yeux d'onyx
    Renaît de ses cendres écartelées.

    Te voici donc
    Passagère,
    Tendre messagère,
    La pluie diamante
    Ta robe d'amante.

    Ma toute belle,
    Ta chevelure,
    Soleil rebelle,
    Chavire
    Sur ton front
    Comme un bateau qui vire.

    C'est l'heure sereine.

    Des rues
    Que je connais à peine
    Frémissent éperdues
    Sous ton pas ingénu.

    Et du pont de ton corps
    Fiancé aux pierres d'or
    Je scrute le langage
    De la ville sauvage.  


    Claire Bethmont

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    Café brasserie de L'isle Saint-Louis, Quais de Seine, Paris
    (Source : L’œil dans l'objectif)

  • En souvenir de Claire - Poème de Josette Tholomier

    EN SOUVENIR DE CLAIRE


    in memoriam Claire Bethmont,



    Sous le poids noir de son fardeau
    Mortellement, la barque tangue,
    Elle s'incline sur les eaux,
    Ses flancs sont devenus exsangues.
    Elle n'atteindra pas la rive
    Que tous espéraient découvrir.
    La mort, au bout de la dérive,
    Cueillera ceux qui vont périr.


    Chacun rêve au coin de soleil
    Où il vivait dans la misère
    Et oubliait dans le sommeil
    Qu'il n'avait plus ni pain ni terre.
    Les boubous colorés des femmes
    Et les cris joyeux des marchés
    Viennent illuminer son âme
    Au moment de se détacher
    D'un monde, pour lui, sans pitié.
    Ces images qui m'envahissent
    Évoquent pour moi l'amitié
    Et le franc sourire qui plisse
    Le front de Claire et ses yeux bleus,
    Une bonté qui rayonnait,
    Sa générosité pour deux,
    Et sa poésie qui planait
    Et enchantait nos assemblées.

     

    Josette Tholomier

     

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    Portrait de Claire Bethmont, par Josette Tholomier, 2017

  • Les couleurs de mes souvenirs - Poème de Madeleine Covas

    Les couleurs de mes souvenirs



    Samarcande la rose dans un jour sans nuages
    Effaçait Tamerlan et ses hordes sauvages
    Et Venise la verte au fond de ses ruelles
    Fêtait le carnaval dans un monde irréel

    Mais Alep était bleue et regardait le ciel
    Et Alep riait dans les couchants vermeils
    Sa fière citadelle dressée dans le soleil
    Et son musée ouvert distillant ses merveilles

    La blanche Santorin se faisait Atlantide
    Jalousant un instant les belles cariatides
    Et la vaste Pékin dans ses sombres nuées
    Laissait mal respirer son peuple agglutiné

    Mais Alep dansait dans ses souks parfumés
    Faisant vibrer la vie en ses nuits étoilées
    S'efforçant d'oublier les sombres bruits de bottes
    Et les appels au meurtre se disant patriotes

    San Francisco chantait dans ses rues bariolées
    Gardant de son passé ses maisons colorées
    Prague la noire sortait d'une infinie tristesse
    Pour oublier le temps de l'ancienne détresse

    Mais Alep pleurait dans ses rues massacrées
    Lorsque le sang coulait sur les pavés dorés
    Et ses enfants fuyaient allant vaille que vaille
    Délaissant madrassa et caravansérails

    Oslo, Le Caire, Lima, vous restez dans mon cœur
    Et vous me rappelez de multiples couleurs
    Mais Alep la rebelle continue de gémir
    Son cri désespéré parle à mes souvenirs

    Alep va mourir et personne ne bouge
    Alep n'est plus bleue elle est devenue rouge


    Madeleine Covas

     

    madeleine covas, Alep, SyrieUne place d'Alep, devant la citadelle, avant et après les bombardements.