08.11.2009

Volcan

 

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Je regarde l'érable

enflammé pour l'automne

purifier la transparence du bleu

 

Et je pense au grand feu

au grand feu qui

se cache en nous

et…

sous nos pas …

 

Nous n'entendrons jamais

le grondement

qui ceinture la terre multicolore

verte des forêts calmes

jaune des sables

et de

tout ce gris  des villes

 

Comme clins d'œil à la fournaise

nous avons même ajouté   lampes et néons

 

Pourtant

 

vivant,

frémissant  bat un cœur

 

comme une orange

 

en secret

 

un cœur immense

 

invisible et oublié 

 

Il se sent  étouffé  

comme le notre en certains jours  il bouscule alors

tout autour de lui

dans un soupir immense

 

et aveugle

 

sa respiration  déchire  un passage 

libére  ses larmes incandescentes

 

ses laves  brûlantes

 

incendiaires

 

Il ne

 

Sait pas qu'il tue

 

il faut bien qu'il

 

Vive …

 

  Hélène Soris

 

 

 

 

 

03.11.2009

Tu vas, tu vois ta vie Jacques Grouselle

 

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photo Christine Doucet

Tu nais,

Au plus merveilleux des matins

Et le monde entier bat des mains,

Tu sais.

 

 

Tu vas

Déjà jouer à la poupée, c’est doux.

Tu ris, tu chantes tout est léger,

Tu cours en dansant dans les près,

Tes amis ont les mêmes goûts

Que toi.

 

 

Tu lis

Les contes savants des anciens

Qui tracent pour toi le chemin.

Tu te heurtes aussi à leurs lois,

Elles guident tes pas maladroits,

Soumis.

 

 

Tu bois

Au  lait de tes vingt ans, la joie.

Des lèvres mouillées des amants

Tu goûtes aux délices troublants

Tendres et cruels à la fois,

Emois.

 

 

Tu passes

Parfois sans oser demander,

Parfois sans oser regarder,

Gainée de peur, cernée d’ennui,

Pour ta paix tu étouffes ta vie,

Tu lasses.

 

 

Tu noies

Délibérément tes tourments

Aux flux des us et des coutumes,

Au profit de tes amertumes,

A la croisée des quatre vents

Tu ploies.

 

 

Tu ignores

A jamais, le goût des bonheurs

Doux, fous, des : «  je t’aime » criés

Aux sept ciels des lits sans pudeur,

Les tendresses jamais murmurées.

T’as tort.

 

 

Déjà,

La cruche lentement s’est vidée,

Le bon vin au temps s’est aigri.

Tu bois le dernier verre, ainsi

Tu plais aux bons guides éclairés,

Tais-toi.

 

 

Tu vois

Ton existence oxygénée

S’asphyxie vite, elle s’est usée

Sans joie.

 

                       Jacques Grouselle Cluses le 26 octobre 2009