04.11.2009

Trésor chromatique G. Riou

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Le soleil cuivré

Dans un ciel si calme

Caresse la toile feuillue des monts.

 

Nos regards se perdent

Aux courbes des déferlantes d’ocres.           

 

S’empourprent les caducs hirsutes

En canopées de feu.

 

Pampres diaprés

Touches d’ambre

Pommes d’or

Ramures rubigineuses du cycle fauviste.

 

L’éphémère palette automnale

Nous pare de sérénité.

 

                               Guillaume Riou

                                               

03.11.2009

Tu vas, tu vois ta vie Jacques Grouselle

 

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photo Christine Doucet

Tu nais,

Au plus merveilleux des matins

Et le monde entier bat des mains,

Tu sais.

 

 

Tu vas

Déjà jouer à la poupée, c’est doux.

Tu ris, tu chantes tout est léger,

Tu cours en dansant dans les près,

Tes amis ont les mêmes goûts

Que toi.

 

 

Tu lis

Les contes savants des anciens

Qui tracent pour toi le chemin.

Tu te heurtes aussi à leurs lois,

Elles guident tes pas maladroits,

Soumis.

 

 

Tu bois

Au  lait de tes vingt ans, la joie.

Des lèvres mouillées des amants

Tu goûtes aux délices troublants

Tendres et cruels à la fois,

Emois.

 

 

Tu passes

Parfois sans oser demander,

Parfois sans oser regarder,

Gainée de peur, cernée d’ennui,

Pour ta paix tu étouffes ta vie,

Tu lasses.

 

 

Tu noies

Délibérément tes tourments

Aux flux des us et des coutumes,

Au profit de tes amertumes,

A la croisée des quatre vents

Tu ploies.

 

 

Tu ignores

A jamais, le goût des bonheurs

Doux, fous, des : «  je t’aime » criés

Aux sept ciels des lits sans pudeur,

Les tendresses jamais murmurées.

T’as tort.

 

 

Déjà,

La cruche lentement s’est vidée,

Le bon vin au temps s’est aigri.

Tu bois le dernier verre, ainsi

Tu plais aux bons guides éclairés,

Tais-toi.

 

 

Tu vois

Ton existence oxygénée

S’asphyxie vite, elle s’est usée

Sans joie.

 

                       Jacques Grouselle Cluses le 26 octobre 2009

 

21.05.2009

Il y a ... Sylvette Bayol

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Il y a le soleil dans l'eau

Posé sur ton épaule, il y a cet oiseau,

Venu du chant des songes

Où sombrent les navires…

 

Il y a des jardins

Aux provinces secrètes

Qu'ouvre le portail bleu

De tes yeux, ce matin…

 

Je le pousse du doigt, il s'ouvre, cœur de rose.

Abeille je m'y pose

Et ma bouche s'endort au creux chaud de ta main

 

Je vais, je fuis, je cours, je pleure…

Et tous ces mots me tuent que je ne dirai pas !

 

La forêt qui nous aime est profonde,

Attends-moi !

Pour ton sommeil d'envol j'ai des bruyères mauves,

Et pour tes chagrins d'or des mouchoirs de chansons…

Pour tes mains dérobées,

Pour que tu me les laisses

Je veux tisser de lierre et d'églantier des chaînes,

 

Je vais, je fuis, je cours, je pleure…

Et tous ces mots me tuent que je ne dirai pas !

 

Sylvette BAYOL

19.05.2009

Prelude aux rages d'été Guillaume RIOU

 

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Quelques rais de lumière fouettent encore les sommets.

 

Chevauchant la Lombarde,

Des monstres anthracite

Fondent sur les massifs.

 

Le front de rafales,

Escorté de frissons,

Rompt le ténébreux silence,

éphémère annonciateur,

Et contraint les mélèzes à la révérence.

 

Ardente, la vallée glisse dans son fourreau nébuleux

 

L’écho des râles célestes roule dans les combes

Les premières larmes peignent les plaques de schiste chaud

 

Déluge imminent,

Avalanche cendrée d’émoi,

La montagne t’attend !

 

                                                                     Guillaume Riou

 

18.05.2009

LA LAMPE : Danielle DRAB

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Elle déroule l'allée

Révèle le jardin

Les arbres jouent à cache-cache

Les fleurs montrent leurs ombres

Sur la barque tranquille

Elle tremble.

Qui pèche donc si tard ?

Bientôt elle cahote

Sur une bicyclette

Dans la ville d'à côté

On la braque des deux yeux

Comme une arme au poing

Elle qu'on laisse brûler

Pour éloigner la peur

Qui veille le malade

Au minuit fiévreux

Dessine un grand rond

Sur le cahier d'école

Et joue à feu follet

Dans le noir souterrain

Mène la farandole

La grand nuit de Noël

Eveille le matin

Dans toutes les maisons

Entre et danse

Dans le cercle magique des loups

 

                                       Danielle DRAB

11.01.2009

Caraïbe

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Derrière ce que l'on voit
Se cache ton mystère...
 
Aujourd'hui comme hier
Ton soleil meurt en mer
 
A l'heure du déchirement...
Quelle est cette antre qui l'attire ?
 
Tortola
 
Belle île des corsaires
 
Coule en ciel de topaze
Ta nuée rubescente
 
Tourterelle pirate
 
En attente de nuit
Pour ses mille diamants
 
Ce soir te revient la flibuste
Pleure tes galions d'or
 
C'est un astre forban
Qui les a engloutis.  
 
        Marie Jo Thabuis
 
 

15.12.2008

Seule la Beauté

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Seuls les ciels, les ciels de traîne,

Les ciels longs, jaunes, plats et pâles,

Striés d’éclairs d’ailes.

En effilochages de nuages mauves

Seuls les ciels buvant le bruit des villes malades

 

Seules les lagunes, leurs langueurs de sable,

Les lasses et molles vagues, baignées d’éclats d’écailles,

En déliquescence d’algues

Seules les lagunes, épongeant la lie des cités aigres

 

Seuls les arbres, leurs angles de fuite

Drainant l’ennui des hommes mornes

 

Seuls la Beauté,

Sa fulgurance

Et les poètes foudroyés.

 

                                                        Solange JEANBERNE

18.11.2008

Terre d'ocre

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« La peinture n’est que la recherche des souvenirs de Dieu

Dans le but de voir l’univers tel qu’il le voit »

                               Orhan Pamuk

 

 

                                                                                                             

                                                                              T erres d’ocre

 

            Elles disent les maturations

                        les cycles et les heures

            Elles disent l’invisible

            L’ocre convient aux dieux

 

            Les derniers rais d’un soleil qui décline

                        attisent la braise du mélèze

            Ocres de l’automne

            Flamboiement aux frondaisons de septembre finissant

            Labours en robe de bure

                        qu’encense un vol fuliginieux de passereaux

            J’aimerais mon âme en un jardin d’automne

            Senteurs de tourbe de fougères

            Rouissent les châtaigniers

            et si le cor prolonge sa longue antienne vespérale

            que lui fassent répons le brâme profond du cerf

 

                        Ocres              Cuivres

            Cuivres de l’orient                  Désert d’orient

                        Dunes brunes                   Lèvres afghanes

            Ciels fauves         à la crinière de lion

            S’exhalent  des arômes cannelle

                                    des épices musquées

            Cuirs des harnais            Rumeurs de caravanes

 

                                   Cuivre

            couverte de cuivre sur l’émail des lacs

            cuivre sans éclat

                        quand la lune fomente la neige

            Folle chevelure de lune

                                   Névrose de la lune

            à la morte saison des bruyères gelées

            quand hurle l’hiver brûleur de loups

 

            L’ocre convient aux dieux

                                  

            Il y a toute cette chamoiserie

                                   de reflets roux à l’ados de la vague :

            ambres et feuilles mortes

                        robe de daine        corsage de bouvreuil

            fuite d’un écureuil          éclat dans l’épicéa

 

            Il y a des abeilles nimbées d’une lumière de miel

            à l’odeur brune  -  ivre un peu  - de réglisse

                                               de malt et de muscat

 

                                                           Il y a les sables

            couchés comme en lit de roses

            que le crépuscule aurait lissé

                        J’aime ces sables de Loire

                        ces javeaux passés par le tamis des soleils couchants

 

                        Méditent dans le soir des violoncelles

 

            Et puis faites lointaine souvenance

            Rappelez-vous le poitrail de l’auroch

                                   au flanc de la caverne

            avec ce            bison que le dessin enfante dans l’orbe du solstice

                                                                      Vêtu d’ours

            le chaman dansait les flammes rauques du feu

 

            De rouge et de noir

                                   d’ombre et de lumière

            l’ocre convient au dieu

 

            mais la Sybille de Cumes interroge la rose

            et septembre déjà rabote les feux du jour

            Fragiles d’incertitude

                                   les villages de la nuit campagnarde

            veilleront

 

                                   tapis dans la fourrure

            de leurs rousseurs blafardes

 

 

                                                           Marcel MAILLET

 

 

 

23.09.2008

La descente du foin

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Il fut, dans nos contrées, un temps pas si lointain,

Où la survie était le souci quotidien.

 

Les moines avaient appris les arts de l’élevage,

Pendant les mois d’été la montée aux alpages.

 

Au cours du long hiver, sol de neige couvert,

Il faut nourrir les bêtes qu’on ne peut mettre au vert.

 

L’été, on a rentré le foin en altitude ;

Le descendre l’hiver est une épreuve rude.

 

Les hommes du village forment une équipée,

Chacun à la corvée devra participer :

 

Par instinct de survie, les villageois se soudent,

La nécessité veut qu’on se serre les coudes.

 

Ils montent, très nombreux, avec le matériel,

Quand, un jour de l’hiver, est complice le ciel.

 

On charge sur les luges, et dans la pente glisse,

Les hommes attelés freinent tout l’édifice.

 

Arrivés au village, chez chacun, on le range,

Les vaches auront pitance au sec dans leurs granges.

 

La neige devenue l’or blanc de nos villages,

La coutume est passée, devenue d’un autre âge.

 

Se pourrait-il qu’un jour, des réseaux se ressoudent,

Si le besoin exige qu’on se serre les coudes ?

 

                   Philippe BRAND                                           

28/08-05/09/08

 

 

 

 

01.09.2008

Tête de linotte

 

 

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Telle brise légère

Une pensée d’oiseau

Plane sur les roseaux :

C’est un vol éphémère.

 

Au savoir, étrangère,

Son  âme effleure l’eau :

Caresse de moineau

Sur l’étang des jachères.

 

A tête gonflée d’air,

Le vent passe à travers

Et chatouille la plume,

 

Mais le génie s’enrhume,

Est-ce une fin dernière

Dans cette grenouillère ?

 

 

Marie Jo Thabuis

 

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